Traitement des matières résiduelles

Tel que l’exige la Loi sur la qualité de l’environnement du Québec, la MRC de La Vallée-de-l’Or assure un suivi statistique de l’ensemble des matières résiduelles qui transitent dans ses installations. Elle produit ensuite un bilan annuel dévoilant la quantité de chaque type de matière récupérée ou envoyée à l’enfouissement.

Le gouvernement du Québec utilise ces données pour calculer les redevances que la MRC doit lui verser sur chaque tonne métrique de déchets enfouis. Pour 2016, cette redevance est fixée à 21,30 $ la tonne métrique.

C’est aussi à partir de ces statistiques que RECYC-QUÉBEC calcule la performance de la MRC par rapport à la récupération et à la valorisation de matières résiduelles et lui remet une compensation correspondante dans le cadre de son Régime de compensation pour les services municipaux fournis en vue d’assurer la récupération et la valorisation de matières résiduelles

 

Bilan annuel en gestion des matières résiduelles – 2015

 

Catégorie

Produit

2014

2015

Variation (tm*)

Variation (%)

Enfouissement

Déchets domestiques 14 635,75 14 379,44 (256,31) -1,75%
Construction, rénovation et démolition (CRD) 3 717,09 3 197,16 (519,93) -13,99%
Commerces et institutions 7 971,78 7 809,71 (162,07) -2,03%
Industries 3 126,17 3 029,12 (97,05) -3,10%
Autre 65,28 2 729,80 2664,52 4081,68%
Sous-total 29 516,07 31 145,23 1629,16 5,52% 

Récupération

Matières recyclables 5 250,11 4 695,33 (554,78) -10,57%
Résidus verts 305,59 303,37 (2,22) -0,73%
Résidus domestiques dangereux (RDD) 95,32 92,31 (3,02) -3,17%
Matériel informatique et électronique 161,60 155,37 (6,23) -3,86%
Cartouches d’encre 1,61 0,29 (1,32) -81,69%
Piles et batteries 19,57 23,60 4,03 20,59%
Pneus 147,76 119,66 (28,10) -19,02%
Ampoules fluocompactes et tubes fluorescents 1,51 1,36 (0,15) -9,69%
Bois, branches et arbres de Noël 3 632,35 3 182,36 (449,99) -12,39%
Métal 1 007,55 1 112,33 104,78 10,40%
Agrégats 1 614,73 1 531,81 (82,92) -5,14%
Textile 19,89 21,38 1,49 7,49%
Sous-total 12 257,59 11 239,17 (1018,42) -8,31% 

TOTAL DES MATIÈRES TRAITÉES

41 773,66 42 384,40 610,74 1,46%

*tonnes métriques

 

Interprétation des données

Selon le bilan 2015 de la gestion des matières résiduelles (GMR) de la MRC de La Vallée-de-l’Or (MRCVO), sans compter les sols de recouvrement, la population de la MRCVO a généré un total de 42 384,40 tonnes métriques ( tm ) de matières, dont 11 239,17 ont été récupérées, ce qui correspond à un taux de diversion de 26,52 %. Le tonnage total de matières reçues demeure donc stable par rapport à l’an dernier, avec une hausse négligeable de 1,46 %, et un taux de diversion en légère baisse de 2,82 %.

Citoyens et ICI envoient un peu moins de déchets à l’enfouissement

Alors qu’on note une baisse minime (1,75 %) des déchets issus de la collecte résidentielle par rapport à l’an dernier, les industries, commerces et institutions (ICI) ont aussi acheminé moins de déchets au lieu d’enfouissement technique (LET), soit 259,12 tm de moins qu’en 2014. Il y a une baisse plus marquée de près de 14 % en ce qui a trait aux déchets issus de travaux de construction, rénovation et démolition (CRD). Dans cette catégorie, les tonnages reçus peuvent varier grandement d’une année à l’autre en fonction des travaux réalisés sur le territoire.

Seule la catégorie « autre » présente une hausse marquée des résidus destinés à l’enfouissement, qui s’explique par une opération ponctuelle de nettoyage des bassins aérés de l’usine qui traite le lixiviat provenant du LET. Cette intervention a produit près de 2 500 tm de résidus. En n’incluant pas cet apport relié aux opérations internes d’entretien du LET dans le calcul, la MRC de La Vallée-de-l’Or compte environ 650 kg de déchets par habitant, soit 74 kg de moins que la moyenne provinciale et 50 kg de moins que l’objectif de la Politique québécoise de GMR.

Marco Veilleux, directeur du Service de l’environnement, qualifie ainsi l’année par rapport à l’enfouissement : « Les tonnages demeurent très stables et s’alignent sur nos prévisions initiales. Malgré que les baisses soient faibles, il est toujours encourageant de voir moins de matières finir à l’enfouissement, car cela se répercute directement sur la durée de vie de notre LET. »

Roulement stable des activités de récupération

Un total de 11 239,17 tm de matières ont été récupérées pour être recyclées ou valorisées en 2015, soit 1 018,42 tm de moins que l’an dernier. Dans le cas des matières recyclables, c’est-à-dire le papier, le carton, le plastique, le verre et le métal acceptés dans les sacs et bacs bleus, une baisse d’environ 555 tm apparaît. Celle-ci s’explique par le fait que le traitement d’une accumulation de matières en fin 2013 avait été reporté en 2014, une situation qui ne s’est pas reproduite en 2015. Ainsi, les deux dernières années présenteraient en réalité des tonnages comparables. Quant à la baisse d’environ 450 tonnes métriques de bois et de branches, elle résulte d’une opération de broyage reportée à janvier 2016 pour des raisons budgétaires. Sans cette situation exceptionnelle, la différence serait minime.

En 2015, la MRCVO a reçu près de 10 % moins d’ampoules fluocompactes et de tubes fluorescents que l’année précédente. Cette baisse peut représenter approximativement 1 250 tubes fluorescents. La quantité reçue dans les écocentres varie évidemment selon leur usage, le rythme de leur remplacement ou encore par le fait que certains commerces du territoire sont aussi des points de dépôt. Puisque ces appareils contiennent du mercure et que le programme RecycFluo permet de recycler sécuritairement 98 % de leurs composantes, la MRCVO encourage la population à les apporter à un point de dépôt reconnu.

Des baisses peu significatives de la quantité traitée sont aussi notées pour le matériel électronique et informatique, les agrégats, les RDD (peintures, huiles et autres) et les résidus verts. Dans le cas des cartouches d’encre, la baisse est importante, avec 1,32 tm de moins que l’an dernier, soit l’équivalent d’au moins 1 500 cartouches. Cette diminution demeure inexpliquée. Toutefois, la fermeture récente d’une entreprise spécialisée dans la vente de cartouches d’encre qui avait l’habitude d’apporter les cartouches vides de ses clients à nos écocentres pourrait avoir eu une telle incidence.

La récupération des batteries et piles connait par contre une forte hausse d’environ 4 tm, et c’est 105 tm de métal de plus qu’en 2015 qui ont été recyclées. Les écocentres ont aussi accueilli 1,49 tm de textiles de plus que l’an dernier. Notons toutefois que les données de la MRCVO n’incluent pas la quantité reçue directement au Service d’entraide familiale de Val-d’Or, où elle achemine les textiles qu’elle récupère.

Enfin, le bilan semble indiquer une baisse importante d’environ 19 % des pneus récupérés. Toutefois, puisqu’une opération de déjantage de pneus réalisée en 2015 a été réalisée par un sous-traitant, tant le tonnage de pneus que de métal y étant associé, n’a pas été comptabilisé au bilan interne.

La MRCVO vise plus haut

Marco Veilleux, directeur du Service de l’environnement, résume ainsi le dernier bilan : « De manière générale, nous avons traité des quantités prévisibles de matières, qui se comparent à l’année précédente. La MRCVO poursuivra tout de même ses efforts de sensibilisation, puisque malgré les nombreux services de récupération offerts, via les différentes collectes ou dans les écocentres, trop de matières récupérables sont encore envoyées à l’enfouissement. »

Il ajoute que le Plan de gestion des matières résiduelles 2016-2020 de la MRCVO doit officiellement entrer en vigueur cette année et que plusieurs mesures prévues seront ainsi bientôt mises en application afin de continuellement améliorer la performance de la MRC de La Vallée-de-l’Or. Notons que la MRCVO, en partenariat avec la Ville de Val-d’Or, mènera également une étude sur la biométhanisation et le compostage des matières organiques putrescibles au cours de 2016 afin d’avancer le dossier de la gestion des résidus alimentaires sur le territoire.

 

Gestion du lieu d’enfouissement technique (LET)

Ce sont 31 145,23 tonnes métriques ( tm ) de déchets et 10 954,80 tm de sols de recouvrement qui ont été enfouis au LET en 2015, soit 42 100,03 tm de matière. La MRC de La Vallée-de-l’Or (MRCVO) procède présentement à la fermeture de la cellule 6 du LET. Ces travaux sont effectués par l’entreprise Services Miniers Nord-Ouest de Val-d’Or au montant de 224 007,52 $ (avant taxes).

Prévisions respectées

Inaugurée en 2014, la cellule 6 a surpassé sa durée de vie prévue, estimée à environ un an, grâce aux efforts de récupération des citoyens et à l’efficacité des opérations de compaction. Les cellules 7 et 8, qui complèteront la phase 2 de l’exploitation du site, sont présentement en activité, alors que la construction de la cellule 9 est prévue en 2016. Cette dernière inaugurera la phase 3.

Les déchets contenus dans la cellule 6 ont été recouverts d’une couche de sols finale, puis d’une membrane étanche et de terre. La surface sera ensemencée au printemps. Le captage passif des biogaz dégagés par la décomposition à l’intérieur de la cellule sera ensuite effectué.

D’ailleurs, la MRCVO mènera cette année une étude permettant d’évaluer la production de biogaz dans son LET en conformité avec le Règlement sur la déclaration obligatoire de certaines émissions de contaminants dans l’atmosphère du gouvernement du Québec. Ce règlement, le Q2-R15, exige la déclaration des biogaz générés lorsque le site atteint une production de 10 000 tonnes de ces derniers.

Utilisation des sols de recouvrement

Un total de 10 954,80 tm de sols de recouvrement ont été utilisées en 2015, soit 4 787,28 tm de plus qu’en 2014. Cela s’explique principalement par un changement opérationnel. Jusqu’en 2013, la MRCVO accumulait une réserve de sols à l’intérieur de son site à l’automne pour ses besoins hivernaux en recouvrement. Ainsi, une grande quantité de sols réellement employés l’année suivante étaient comptabilisés dans l’année en cours. La MRCVO ne procède plus ainsi depuis l’automne 2014 puisqu’elle reçoit maintenant des livraisons quotidiennes de sols tout au long de l’année. La MRCVO a également augmenté son utilisation quotidienne de sols en 2015 pour améliorer l’efficacité de ses opérations de recouvrement.

Entretien de l’usine de traitement du lixiviat

En 2015, la MRCVO procédait au nettoyage du premier bassin aéré de l’usine de traitement du lixiviat pour une seconde fois depuis son inauguration en 2006. Au fil du temps, des bactéries et des solides s’accumulent au fond des bassins et doivent être retirés pour éviter de nuire au processus d’aération et à la migration des eaux d’un bassin à l’autre. Cette opération a produit environ 2 500 tm de résidus qui ont été enfouis dans le LET. En 2016, ce sera au tour des bassins 2 et 3 d’être nettoyés.

C’est aussi l’an dernier que la MRCVO a remplacé la tourbe usée à l’intérieur des biofiltres de l’usine par des morceaux de coque de noix de coco. La tourbe utilisée auparavant n’étant plus disponible sur le marché, ce produit de polissage alternatif représente une efficacité équivalente et un investissement moindre, malgré sa plus courte durée de vie. La firme Stantec mène des tests hebdomadaires tant à l’entrée qu’à la sortie de l’usine pour vérifier la performance du traitement et la conformité de l’eau qui est rejetée.

Pour plus d’informations sur le fonctionnement de l’usine de traitement du lixiviat, visitez l’enviroparc virtuel.

Précisions sur les sols de recouvrement

Le MDDELCC impose de recouvrir les déchets déchargés dans le lieu d’enfouissement technique (LET) de la MRCVO, à la fin de chaque journée d’opération. Cela a pour but de limiter la dispersion des déchets par le vent ou par les animaux ainsi que l’émanation d’odeurs. À chaque jour, ce que l’on appelle des sols de recouvrement, sont donc étendus sur la surface des cellules d’enfouissement en opération.

Alors que plusieurs localités doivent importer du sable ou du gravier pour remplir cette obligation, la MRCVO collabore avec une entreprise voisine. Unique centre de décontamination des sols contaminés aux hydrocarbures légers en Abitibi-Témiscamingue, Terrapure traite les sols contaminés d’ici et d’ailleurs. Malgré leur décontamination, la réglementation interdit de disposer de ces sols sur un terrain non contaminé. Ailleurs, ces sols seraient enfouis et comptabilisés comme des déchets. La MRCVO a toutefois obtenu l’autorisation de les utiliser comme sols de recouvrement en remplacement de sols réguliers.

Les sols décontaminés sont donc valorisés et évitent l’achat et l’enfouissement de sable ou de gravier sain à titre de recouvrement. En incluant cette matière à notre taux de diversion, celui-ci grimpe à 41,61 %.

Le LET de la MRC de La Vallée-de-l’Or

Situé sur le site de l’enviroparc à Val-d’Or, le lieu d’enfouissement technique (LET) de la MRC de La Vallée-de-l’Or accueille, depuis près de 10 ans, les matières résiduelles non recyclables ou non valorisables des six municipalités de son territoire. La MRCVO y opère aussi une usine de traitement du lixiviat, l’eau infiltrée dans les déchets.

L’aire d’enfouissement du LET a été conçue dans le but de recevoir six phases comprenant chacune quatre cellules d’enfouissement, totalisant 24 cellules. Chaque cellule du LET peut accueillir plus de 46 000 tm de déchets, soit environ le tonnage annuel de notre territoire (incluant les sols de recouvrement).

Selon les dernières évaluations, le LET pourrait demeurer en fonction jusqu’à la fin 2040, alors qu’au départ, on prévoyait qu’il atteindrait sa pleine capacité en 2031. Ce sont les efforts constants de la MRC de La Vallée-de-l’Or vers une meilleure performance en gestion des matières résiduelles et la précieuse participation de ses citoyens qui permettent de détourner davantage de matières de l’enfouissement et de prolonger la durée de vie de chaque cellule. Ainsi, la date de fermeture pourrait être reportée davantage grâce à la mise en œuvre du prochain Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) et à la collaboration de la population.